La santé au travail est l’un des enjeux majeurs des entreprises au 21ème siècle. Elle instaure un cadre pour développer l’entreprise vers un avenir plus durable, tout en respectant un cadre légal.

Qu’est ce que la santé au travail ?

La santé au travail est une notion récente qui apparaît au début des années 1980. En France et dans le monde, de nombreux acteurs s’y sont intéressés et ont proposé d’en définir les contours.

Définition

La première définition de la santé au travail voit le jour en 1981. Elle est proposée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) :

Le terme santé, en relation avec le travail, ne vise pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité ; il inclut aussi les éléments physiques et mentaux affectant la santé directement liée à la sécurité et l’hygiène au travail

Les objectifs de la santé au travail vont être définis quelques années plus tard en 1995 lors d’un comité mixte entre l’OIT et l’OMS. Ils en dénombrent 3 :

  • Préservation et promotion de la santé du travailleur et de sa capacité de travail.
  • Amélioration du milieu de travail et du travail qui doivent être rendus favorables à la sécurité et à la santé.
  • Élaboration d’une organisation et d’une culture du travail qui développent la santé et la sécurité au travail. Cette culture s’exprime, en pratique, dans les systèmes de gestion, la politique en matière de gestion du personnel, les principes de la participation, les politiques de formation et la gestion de la qualité.

Ces définitions nous permettent de distinguer deux aspects de la santé au travail, à savoir la santé psychologique et la santé physique des collaborateurs.

Santé psychologique au travail

La santé psychologique ou santé mentale est associée à la notion de troubles psychiques. Elle est influencée par de nombreux facteurs collectifs et individuels. La santé mentale fait référence à un état de bien-être et d’équilibre chez le collaborateur. Elle détermine la capacité des individus à répondre aux exigences qu’ils rencontrent au quotidien. La santé psychologique est liée à la santé physique. La présentation d’un colloque de L’Union Européenne en 2001 précisait :

Il n’y a pas de santé sans santé mentale

Santé physique

La santé physique au travail fait référence aux risques physiques et maladies. Elle concernent les risques professionnels liés à l’environnement de travail (bruit, lumière, chaleur) mais également les risques liés à l’utilisation des machines et des équipements mis à disposition des collaborateurs.

La santé physique au travail est en étroite relation avec la sécurité des employés sur le lieu de travail. La santé et la sécurité au travail est une approche globale qui vise toutes les personnes au sein de l’entreprise en termes de santé physique et psychologique. L’objectif principal d’une politique de santé et de sécurité au travail est de limiter au maximum les effets nuisibles du travail sur les salariés.

En France, L’INRS a pour principale mission de développer et promouvoir une culture de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Elle accompagne les entreprises à coordonner leurs actions en faveur de la santé et la sécurité de l’homme au travail.

Malgré toutes ces mesures de préventions, la santé au travail a connu des jours meilleurs.

La santé au travail menacée par les risques psychosociaux (RPS)

Les changements profonds du monde du travail depuis les années 1970 ont mis en lumière l’expression « risques psychosociaux ». Leurs émergences se situent au début des années 2000 avec la notion du stress qui prend une place importante au sein des préoccupation des professionnels de santé au travail.

Définition des risques psychosociaux

Les risques psychosociaux sont qualifiés comme les éléments qui portent atteinte à l’intégrité physique et à la santé mentale des salariés au sein de leur entreprise.

Ils apparaissent suite à la combinaison ou non de plusieurs variables au sein des organisations. Ils peuvent être générés à la fois par l’activité des collaborateurs ou bien par l’organisation du travail et les relations du travail. Les principales sources de risques psychosociaux sont :

  • Le stress professionnel : Il se caractérise par un déséquilibre entre les contraintes perçues par un salarié au sein de son environnement de travail et sa perception des ressources mises à sa disposition pour y faire face.
  • Les violences internes : Elles se définissent principalement par les formes de harcèlement (moral, physique, sexuel) et les conflits entre les individus.
  • Les violences externes : Elles se caractérisent par les violences externes subies par les salariés par le biais de personnes extérieures à l’organisation.

 

Les conséquences des RPS

En France, la notion des RPS est loin de nous être étrangère. En effet, l’hexagone se classe troisième au classement des pays ou les collaborateurs se sentent le plus stressés selon une étude ADP réalisée en 2019.

Toujours selon ADP, 19% des collaborateurs disent subir un stress quotidien en 2019. Il est encore plus inquiétant de constater que plus d’un tiers des salariés touchés n’osent pas en parler à leur employeur. Ces chiffres correspondent à l’enquête Dares de 2016 ou l’on apprend que 25% des employés déclarent faire semblant d’être de bonne humeur au travail en cachant leurs émotions.

salarié épuise

Les tabous entourant le mal-être au travail au sein des entreprises sont encore ancrés dans nos environnements professionnels. Ces derniers peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé mentale et physique des collaborateurs.

Trouble Musculo-squelettiques (TMS)

Les TMS sont des maladies professionnelles reconnues qui touchent les articulations des membres supérieurs, inférieurs et le dos. Ils sont la conséquence directe du stress et des facteurs psychosociaux présent sur le lieu de travail. Ils s’expriment par de la maladresse, de l’inconfort ou encore une perte de force. En 2016 les troubles musculo-squelettiques représentent 87% des maladies professionnelles selon l’INRS.

Burn out

L’épuisement professionnel ou burn out est le deuxième type de RPS le plus répandu au sein des entreprises. Il désigne une situation de stress extrême (stress chronique) dûe à un investissement personnel et affectif trop important au travail. C’est une souffrance psychique liée au travail. Il se manifeste par une fatigue persistante, une sensation d’épuisement physique, psychique, émotionnel et une baisse de la productivité.

Bore out

Le bore out ou le syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui est encore peu connu en France mais peut entraîner des troubles mentaux et psychiques chez les salariés. Il s’agit d’un état d’ennui profond et d’une souffrance créée par le sous-emploi des capacités intellectuelles. Il fait naître chez le collaborateur un sentiment d’insatisfaction et de frustration et peut entrainer la dépression. On peut le reconnaître à travers un désintérêt du travail, des difficultés de concentration ou encore une fatigue permanente.

Brown out

Moins connu que le burn out ou le bore out, le brown out est également une forme de dépression au travail. Il se manifeste par l’incapacité des salariés à accomplir leur travail. Le collaborateur perd totalement le sens de son travail et ne sait plus quelle est sa place dans l’entreprise. Le brown out se traduit par une remise en question permanente du rôle occupé, de l’anxiété et le manque de perspective.

Blurring

Le blurring est un terme utilisé pour décrire une situation floue qui s’installe entre la vie professionnelle et personnelle des salariés. En d’autres termes c’est l’effacement de la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle. Il est la cause de plusieurs problèmes psychiques et physiques et entraine lui aussi la dépression. Il se manifeste par des maladies cardio-vasculaires, un épuisement et un stress permanent.

Prévenir les RPS

Les risques psychosociaux peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé physique et mentale des collaborateurs.

Pour les prévenir, chaque entreprise doit adopter une démarche de prévention collective et s’intéresser aux principaux facteurs de risques connus au sein de la société. Elle doit mener un dépistage des risques au niveau de l’organisation. Pour ce faire l’entreprise peut se concerter avec ses salariés ou s’intéresser à des indicateurs clés tels que le taux de TMS ou le taux d’absentéisme.

Enfin, l’entreprise peut également mettre en place une politique de qualité de vie au travail (QVT) pour limiter au maximum les RPS. Chez Teamii nous avons développé des solutions permettant de mesurer les ressentis des collaborateurs en temps réels pour agir sur leur bien-être, leur productivité et leur engagement.

Les obligations de l’employeur en termes de santé au travail

La santé et le bien-être mental des employés sont indispensables à l’entreprise pour lui assurer un avenir durable. C’est pourquoi l’employeur est tenu à une obligation de sécurité. Il est responsable de la santé et la sécurité de ses collaborateurs.

Obligations générales de l’employeur

L’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer la santé et la sécurité de ses collaborateurs par l’article L. 4121-2 du code du travail qui stipule les obligations suivantes :

  • Limiter les risques : L’employeur doit supprimer ou limiter les risques auxquels peuvent faire face les salariés.
  • Évaluer les risques qui ne peuvent être évités : Il doit évaluer les risques qui ne peuvent pas être éliminés et les mesurer. Il doit ensuite mettre en place des actions de prévention et les intégrer dans les méthodes de travail pour assurer la santé et la sécurité de tous.
  • Limiter les risques à la source : L’entreprise est tenue de combattre les risques à la source en intégrant la prévention le plus tôt possible.
  • Adapter le travail : L’employeur doit adapter le travail à l’employé (matériel, méthodes de travail) afin de limiter ses effets négatifs sur la santé des collaborateurs.
  • Prendre en compte l’évolution de la technique : Il doit prévenir les risques résultant des évolutions techniques.
  • Remplacer ce qui est dangereux : Il est tenu de remplacer les produits dangereux par des produits moins ou pas dangereux pour les salariés.
  • Faire de la prévention : L’entreprise a pour mission de planifier la prévention des risques en prenant en compte toutes les dimensions du travail (conditions de travail, environnement de travail, relations au travail…).
  • Mettre en place des mesures de protection collective : L’employeur a pour mission de garantir la sécurité de tous de manière collective et doit utiliser des mesures de protections individuelles si celles déjà mises en place se révèlent insuffisantes.
  • Transmettre les informations nécessaires : L’entreprise est tenue de transmettre aux salariés toutes les informations nécessaires à la bonne compréhension des risques encourus concernant la réalisation de leurs tâches pour garantir leur sécurité.

 

Document unique (DU) et prévention

L’évaluation des risques pour la santé et la sécurité au travail des collaborateurs doit être transcrit dans un document unique. Cette évaluation prend en compte les équipements de travail, les différentes activités présentes au sein de l’établissement et les substances utilisées dans les procédés de fabrication.

Ce DU permet à l’employeur de mettre en place sa démarche de prévention. Cette dernière devra être transmise à tous les salariés et contenir des plans d’actions adaptés à chacun des risques potentiels et désigner un collaborateur référent.

Enfin cette politique de prévention doit impliquer tous les collaborateurs et services présents au sein de l’entreprise (Management, RH…).

La santé au travail dans le contexte Covid 19

La crise du Covid 19 a modifié notre rapport au travail et nos méthodes de travail. Cependant l’employeur est toujours tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer et protéger la sécurité et la santé mentale des travailleurs.

Prévention du Covid 19

La reprise d’activité au sein des entreprises doit s’accompagner de mesures sanitaires et organisationnelles visant à protéger les collaborateurs et à prévenir les RPS potentiels dues à un stress élevé.

Distanciation physique

Les entreprises doivent garantir la santé au travail de leurs salariés en leur permettant de respecter les distances minimales de sécurité. Chaque collaborateur doit se tenir à au moins un mètre de ses collègues. Cette mesure doit s’appliquer aussi bien dans les couloirs qu’à la cafétéria ou assis à son bureau.

Gestes barrières

Il est toujours bon de rappeler et de transmettre à ses salariés les gestes barrières :

  • Se laver les mains régulièrement
  • Aérer les espaces clos
  • Se moucher dans un mouchoir ou éternuer dans son coude
  • Éviter de se toucher le visage

A compter du 1er septembre le port du masque sera obligatoire dans les entreprises pour tous les collaborateurs. Cette décision s’appuie sur un avis du Haut conseil de la santé publique. Le masque devra être porté dans tous les espaces clos et partagés, à savoir, le parking, les ascenseurs, la cafétéria, les open spaces, les couloirs, les vestiaires ou encore les salles de réunions. Seuls les bureaux fermés font exception à cette règle.

Télétravail et ressentis des collaborateurs

La meilleure prévention dans le contexte du Covid 19 est de promouvoir le télétravail. Il faut l’appliquer le plus longtemps possible.

A cela doit s’ajouter une prise en considération des ressentis des collaborateurs pour limiter au maximum les RPS. En effet, l’isolement ou de mauvaises conditions de télétravail peuvent nuire à la santé mentale des salariés.

Il est donc très important de mettre en place une politique de QVT et d’utiliser des outils de suivi hebdomadaire pour prendre soin de ses salariés au quotidien.

Les bénéfices de la santé au travail

La mise en place d’une politique de santé au travail comporte de nombreux bénéfices pour les entreprises.

collaborateur en bonne santé

 

La limitation des risques psychosociaux et du stress en entreprise permet aux organisations de faire des économies. En effet, selon une étude du cabinet Mozart consulting, le coût du mal-être au travail s’élève à 13 340€  par salarié, par an, en moyenne, dans le secteur privé, en 2018.

L’association d’une politique de qualité de vie au travail et de la santé au travail améliore le bien-être des collaborateurs. C’est justement cette notion de bien-être qui permet d’améliorer les performances des sociétés.

En effet, un collaborateur heureux sera plus motivé et engagé envers son entreprise. Favoriser l’engagement au travail de ses employés est le principal atout d’une entreprise. En effet, selon une étude Gallup, réalisée en 2017, l’engament au travail entraîne :

  • Une diminution du turnover de 24%
  • Une augmentation de la productivité de 17%
  • Une hausse de la profitabilité de 21%
  • Une hausse de la satisfaction client de 10%

 

Conclusion :

Ces dernières années, les entreprises ont évolué très rapidement sans toujours prendre en compte les effets du travail sur la santé de leurs collaborateurs. Ces évolutions nous ont amenés à découvrir les impacts négatifs du travail sur la santé des collaborateurs avec l’émergence des risques psychosociaux.

Aujourd’hui la santé et la sécurité au travail sont des obligations légales qui doivent être assurées par l’employeur. L’introduction d’une politique de qualité de vie au travail permet de répondre aux enjeux de la santé au travail mais également d’améliorer le bien-être et l’engagement des salariés.


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